Filmer ce que l’on entend rarement.
Lorsque j’ai commencé à travailler sur Watt Town, mon intention n’était pas de réaliser un film général sur les religions jamaïcaines.
Je voulais partir d’un lieu, d’un pèlerinage et surtout de ceux qui le font vivre.
Le Zion Revival demeure beaucoup moins connu internationalement que Rastafari. Pourtant, en Jamaïque, ses chants, ses tambours, ses pratiques spirituelles et son histoire ont profondément traversé la société.
Je voulais donc que le spectateur puisse entrer dans la cérémonie, plutôt que de simplement l’observer de l’extérieur.
Cela explique la place laissée dans le film aux séquences longues, aux chants dans leur durée et aux rythmes. La musique n’est pas ici une illustration du documentaire : elle constitue une partie du récit.
Il s’agissait également de faire entendre ceux qui connaissent cette histoire : pratiquants, anciens, musiciens et chercheurs.
Peu à peu apparaît alors une autre généalogie de la culture jamaïcaine. Derrière certaines formes contemporaines connues dans le monde entier se trouvent des pratiques beaucoup plus anciennes, transmises de génération en génération.
Watt Town est aussi un film sur cette transmission.